vendredi 27 mars 2015

Quelques articles en vrac...

Je vous propose ci-dessous des liens vers quelques articles intéressants de ces derniers jours sur la littérature de SF. Bonne lecture !


Des astronefs dans la littérature : la SF mise à l'honneur par la revue "Etudes". 
Résumé : Les littératures de l’imaginaire sont souvent considérées comme des sous-genres de la littérature, et sont parfois traitées avec condescendance. Heureusement, cette idée n’est pas partagée par tous et l’imaginaire trouve de plus en plus grâce aux yeux des érudits. C’est en tout cas ce que prouve un article de la revue de culture contemporaine Etudes qui semble remettre les pendules à l’heure concernant le genre de la SF...
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1,2,3 concours de nouvelles !
Résumé : Les nouvelles reviennent à la mode avec ces appels appels à textes courts lancés par trois maisons d’éditions...
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Les Brillants tome 1 - critique
Résumé : Un thriller futuriste survolté ! « Récemment, on a beaucoup parlé du Dr Eugene Bryce et de son étude concernant ceux que l’on appelle les « Brillants », ce pourcentage d’enfants nés depuis l’année 1980 et dotés de capacités exceptionnelles. Bien que l’étendue de leurs dons demeure inconnue, il est clair qu’il s’est produit quelque chose de remarquable : il ne naît plus un savant par génération, mais un toutes les heures. »...
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Terre promise (Centaurus 1) - critique
Résumé : Un vaisseau-monde arrive à destination... le plus dur est-il à venir ?
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Estelle Faye est le coup de coeur des Imaginales 2015
Résumé : Chaque année, le coup de cœur du festival des mondes imaginaires d’Épinal met un auteur en avant. Celui de cette quinzième édition est Estelle Faye...
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Bonus !
George R.R. Martin ne comprend pas toutes ces précautions autour des spoilers
Résumé : Alors que George R. R. Martin est en train d’écrire le chapitre final à sa saga du Trône de Fer, les fans se préparent au fait que la fin sera certainement dévoilée par la série de HBO qui a quasiment rattrapé l’histoire présente dans les livres cette saison...
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vendredi 13 mars 2015

Terry Pratchet (1948-2015)


C’est avec une immense tristesse que nous avons appris que Terry Pratchett est décédé ce jeudi 12 mars. C’est par les réseaux sociaux, puis via l’éditeur Penguin Random House, que la nouvelle a été annoncée. Atteint depuis plusieurs années d’une forme rare de la maladie d’Alzheimer, l’auteur du Disque-Monde n’avait pour autant pas arrêté d’écrire, comme en témoigne sa récente série cosignée avec Stephen Baxter.







Source : Marquez, Marie. Terry Pratchet (1948-2015). IN : ActuSF.com[en ligne]. Editions Actu SF, 2015. [Consultation 13/03/2015]. <http://www.actusf.com/spip/Terry-Pratchett-1948-2015.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+ActuSF+%28ActuSF%29>

mercredi 11 mars 2015

Chroniques de l'Armageddon - Intégrale


Genre : Post-Apocalyptique
Sous-genre : Zombies
Auteur : J.L. Bourne
Maison d'édition : Panini Books - Collection Eclipse
Date de parution : octobre 2014 réédition
Nombre de pages : 1108

Le journal d’un survivant
J.L. Bourne est né en Arkansas et il vit actuellement à Washington D.C. C’est un militaire en service actif. Il sert comme officier à l’U.S. Navy. Il partage son temps entre son travail et l’écriture. Médaillé pour ses différentes missions au-dessus de l’Irak, il sait de quoi il parle lorsqu’il décrit les scènes de guerre et de carnage dans ses romans...
 
Un petit mot pour une belle illustration qui semble évoquer un sigle nucléaire ou gouvernemental, se désagrégeant sous le souffle d’une force infernale. Tout un programme...
 
 
Trois tomes pour l’apocalypse 
 
« Ce que vous tenez dans vos mains est susceptible de vous sauver, alors ne le lâchez pas sous aucun prétexte.
 
J’ai tout mis dedans et surtout mes trouvailles, mes questions et tout ce que j’ai pu remarquer dans leur façon d’être. Ils sont dangereux et sans aucun remords ou passion. Juste des machines à tuer qui veulent augmenter leurs troupeaux pour mieux asseoir leur suprématie. Attention certains sont encore plus mortels car la radioactivité semble les avoir changés. Ils sont plus rapides notamment, ne jamais leur tourner le dos. D’ailleurs restez toujours sur le qui-vive ; c’est la seule solution pour espérer survivre dans cet enfer. »
 
signé : Kil 
 
 
Que du bon
 
L’intégrale des Chroniques de l’Armageddon est un très gros pavé à lire mais quel plaisir ! Assurez-vous d’avoir un peu de temps car devant vous se dressent pas moins de 1 100 pages d’aventures et rebondissements au pays des zombies. En effet l’auteur va vous entraîner dans un périple extrêmement addictif sur les traces d’un survivant. À la manière d’un journal de bord, le héros relate sa vie après l’apocalypse qui est survenue suite à un virus venu de Chine. Les morts se relèvent, les zombies attaquent tout ce qui bouge et leur morsure est mortelle quasiment dans l’heure. Il ne reste plus beaucoup de vivants dans cet enfer aux États-Unis comme ailleurs.
 
Trois tomes pour nous décrire le quotidien de ce soldat qui par un concours de circonstances et pas mal de chance se retrouve sauf mais terré pendant que l’humanité disparaît petit à petit. Celui-ci décide pour se donner et du courage et un sens à sa vie de se lancer dans l’écriture de son journal. Il va d’ailleurs bien souvent lui servir dans ses pérégrinations à travers son voyage vers la recherche d’un refuge. C’est toutes ses lignes, ses peurs et ses rencontres décrites avec simplicité et sans fard que le lecteur va suivre au jour le jour voire heure par heure. Un vrai régal de tension, suspense et de force où le simple fait de trouver un lieu pour dormir revient vite à une course contre la mort. Car les morts-vivants sont très dangereux, certains plus que d’autres suite aux effets du largage de bombes nucléaires sur les plus grandes villes du pays. Car J.L. Bourne nous propose une certaine originalité dans cet univers qui commence à être connu, des zombies radioactifs est une trouvaille assez rigolote enfin tant qu’ils ne vous courent pas après…
Les deux premiers tomes, écrits à la première personne, se concentrent sur cet aviateur américain qui va rencontrer quelques survivants et en prendre la responsabilité pour les mener vers un nouvel Éden. Cela ressemble par certains côtés à Walking Dead mais la plume rapide et fluide donne une dynamique au roman. La psychologie des personnages est abordée mais sans être vraiment prononcée tout en restant tout à fait crédible. On sent que l’auteur a voulu aller à l’essentiel ce qui donne une histoire prenante qui ne fait pas dans la dentelle. Ainsi les choix et les situations rencontrées par les personnages vont quelques fois les pousser à faire des actions bien loin du politiquement correct. Âmes sensibles méfiez-vous.
Quant au troisième tome, il est un peu différent dans son approche, plusieurs acteurs deviennent sujets de celui-ci donnant une autre vision et surtout un peu plus encore de dynamisme à l’œuvre. Vous aurez tout au long des pages moult révélations et rebondissements, J.L. Bourne gère parfaitement ses intrigues et distille avec talent ses surprises pour un vrai suspense. J’ai particulièrement aimé ce roman qui a su me mener par le bout du nez jusqu’au bout sans jamais relâcher mon attention. Je conseille cette intégrale à tous les amateurs de zombies et univers apocalyptiques mais aussi à ceux qui veulent se faire peur ou s’immerger dans une tension à couper au couteau. Si vous avez laissé passer la sortie des romans, profitez de cette parution vous ne serez pas déçus. 

Source : Blanchard, Yann. Chroniques de l'Armageddon - Intégrale. IN : ActuSF.com [en ligne]. Editions Actu SF, 2015. [Consultation 11/03/2015]. <http://www.actusf.com/spip/Chroniques-de-l-Armageddon.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+ActuSF+%28ActuSF%29>

Interview de Pascal Godbillon pour les 15 ans de Folio SF

A l’occasion des 15 ans de Folio SF, ActuSF rencontre Pascal Godbillon, directeur de la collection. Folio SF profite de souffler les bougies pour redonner un nouvel éclat à la collection avec une nouvelle maquette et un concours de fanfiction, un récit écrit par des fans autour de la Horde du Contrevent d’Alain Damasio, qui peut consister en un préquelle ou séquelle de l’histoire ou même recréer une scène déjà existante.
ActuSF : Peux-tu nous rappeler dans quelles conditions est née la collection ?
Pascal Godbillon : La collection Folio SF est née après l’arrêt de la collection Présence du futur aux éditions Denoël. Beaucoup de grands classiques ont donc permis de lancer la collection : Fondation d’Isaac Asimov, Le cycle des princes d’Ambre de Roger Zelazny,L’échiquier du mal de Dan Simmons, Fahrenheit 451 et Chroniques martiennes de Ray Bradbury, L’homme qui rétrécit et Je suis une légende de Richard Matheson et je vais m’arrêter là. Mais, on le voit, la collection naissait plutôt sous de bons auspices !
ActuSF : Quelles sont ses grandes lignes ? Comment est-ce que tu la présenterais aujourd’hui ?
Pascal Godbillon : L’idée de départ, à l’époque, était de constituer une « bibliothèque idéale des genres de l’imaginaire ». C’est toujours le cas aujourd’hui, même si, évidemment, la quasi-totalité des grands classiques est d’ores et déjà disponible. Cela étant, la collection peut se targuer de proposer, outre les grands classiques d’hier, ceux d’aujourd’hui et de demain : Stéphane Beauverger, Alain Damasio, Jean-Philippe Jaworski, Robert Charles Wilson et cette liste n’est pas exhaustive, loin de là.
ActuSF : Comment choisis-tu les titres que tu réédites dans cette collection ?
Pascal Godbillon : Eh bien, au regard de ce que j’ai dit plus tôt, ça me semble assez évident. Éditer ou rééditer un ouvrage, c’est faire un choix, mais c’est, au départ, un choix de lecteur. Donc, je lis le livre et je me demande si ce livre m’a plu. Si oui, est-ce qu’il s’inscrirait au catalogue ? Si oui… Alors, il y a de fortes chances pour que ce titre finisse en Folio SF ! Après évidemment, un titre peut me plaire mais… ne pas être pour Folio SF. Ca peut paraître surprenant, mais… C’est très subjectif. C’est d’ailleurs difficile à expliquer à un éditeur ou à un auteur. « Oui, ce livre est bien, oui l’auteur a du talent, mais je ne le vois pas en Folio SF, ça n’est pas mon univers, pas celui de la collection… » Pas forcément évident à entendre, voire à comprendre. J’en ai bien conscience, mais je n’ai, malheureusement, pas d’autre explication.
ActuSF : Il y a des grands textes au catalogue et d’immenses noms, d’Asimov à Zelazny, en passant par Philip K.Dick. Quelle est l’importance du “Patrimoine” pour toi chez Folio SF ? Et est-ce que la collection a une sorte de rôle dans la “sauvegarde” ou la “mise en valeur” de ces textes et de ces auteurs historiques ?
 Pascal Godbillon : Le patrimoine, on l’a vu, a une place très importante pour moi et pour la collection. C’est lui qui a permis d’installer Folio SF, il y a quinze ans et, surtout, c’est ce qui permet au jeune lectorat d’entrer dans le genre : Asimov, Brown, Bradbury, Zelazny, les nouvelles de Dick… Ce sont autant de textes abordables par des ados (ou moins ados, d’ailleurs) et qui leur donneront le goût pour l’imaginaire sous toutes ses formes. Maintenant, est-ce que la collection a un rôle ? Je ne sais pas si on peut parler de rôle, mais c’est évident que si rôle il y a, c’est de garder ces titres disponibles, de leur donner de nouvelles couvertures pour leur offrir, si besoin, une nouvelle jeunesse, bref… Oui, si rôle il y a, c’est celui qu’assume la maison Gallimard depuis plus de cent ans : faire vivre un fonds pour proposer aux lecteurs le choix le plus large et le meilleur possible.
ActuSF : Comment travailles-tu avec ces textes ? Est-ce que c’est le même travail éditorial qu’avec des textes plus récents ?
 
Pascal Godbillon : Sur le texte lui-même, en général, pour le poche, on ne travaille rien à la réédition. Alors, parfois, pour les classiques « anciens » on propose des traductions révisées, lorsque celles-ci étaient un peu datées, mais sinon, on ne travaille pas le texte. De même, pour les textes plus récents, le travail éditorial a été fait en amont pas l’éditeur grand format, donc ce n’est pas utile de travailler sur le texte. Mais on peut proposer des bonus en accord avec l’auteur et l’éditeur. On l’a fait, à l’époque, pour Janua vera, par exemple, puisque l’édition Folio SF proposait une nouvelle supplémentaire par rapport à la première édition en grand format (par la suite, l’édition grand format a réintégré ce texte).
ActuSF : Folio SF est l’une des seules collections de poche à publier régulièrement des titres inédits. Pour quelle raison et comment choisis-tu ces titres ?
Pascal Godbillon : La publication d’inédits participe de ce que j’évoquais plus tôt : essayer de proposer, aussi, les classiques de demain, de montrer que le genre est un genre vivant. Cela donne donc une visibilité, à moindre coût pour le lecteur, à des textes d’auteurs actuels. Quant au choix, il se fait en connexion avec le catalogue, toujours. Thomas Day, Serge Brussolo ou Léo Henry, pour prendre les derniers auteurs d’inédits en Folio SF sont des auteurs qui avaient déjà des textes au catalogue de la collection (une nouvelle, dans le cas de Léo Henry) et les projets qu’ils m’ont proposés me semblaient cohérents avec leurs textes déjà présents en Folio SF, donc on les a faits. Le choix n’est, finalement, pas si différent que pour un « non-inédit ». Il est évident qu’un auteur francophone qui n’a jamais publié un seul roman ne sera pas publié directement en Folio SF. Ca n’a pas de sens, d’un point de vue éditorial : une collection de poche ne pourra pas « lancer » un nouvel auteur comme pourra le faire un éditeur grand format.
ActuSF : Un petit mot sur Alain Damasio. C’est FolioSF qui réédite ses livres. Quel regard portes-tu sur l’auteur ?
Pascal Godbillon : Il est évident qu’Alain est un auteur à part. Je parle beaucoup de « classiques » depuis le début de cet entretien, mais La Horde du Contrevent est, d’ores et déjà, un classique. Il était encore dans les 50 meilleures ventes du genre, l’an passé, et fait désormais partie des meilleures ventes de la collection. C’est tout de même la marque d’un grand, pour moi, de s’imposer ainsi en un temps très court. Alain a un talent énorme, il a su créer une œuvre exigeante et populaire, ce qui n’est pas rien non plus. Bref… Ca se voit que j’ai beaucoup d’admiration pour son travail ?
ActuSF : Est-ce que tu sens un engouement particulier pour cet auteur de la part des lecteurs comme on peut parfois le voir sur les salons ?
Pascal Godbillon : Évidemment. À toutes les dédicaces ou rencontres auxquelles j’ai pu assister, il y a toujours eu au moins une personne pour lui dire qu’il avait changé sa vie d’une façon ou d’une autre. Ça arrive parfois pour d’autres auteurs, mais pas à chaque fois ! Alors qu’avec Alain, c’est systématique.
ActuSF : Le concours de fanfiction lié au quinze ans de la collection tourne autour de la Horde du Contrevent  ? Pourquoi ce livre et qu’a-t-il de spécial pour toi ?
Pascal Godbillon : Si ce que j’ai déjà dit ne suffisait pas, ce livre est spécial pour moi à plus d’un titre. C’est, pour la petite histoire, le premier titre que j’ai acheté lorsque je suis arrivé à la tête de la collection. Les négociations avaient déjà été lancées avant mon arrivée, mais j’ai finalisé l’achat des droits et c’est donc le premier contrat que j’ai fait signer. Mais mon admiration pour ce roman datait de bien avant. Il se trouve que j’avais pu lire le roman sur manuscrit, avant qu’il paraisse. Et, tout de suite, je me suis dit : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? ». Il faut voir que, contrairement au lecteur qui achète le Folio SF, par exemple, je n’avais pas la signification des symboles qui introduisent chaque « voix » pour aider ma lecture. C’était donc une plongée tête la première dans un univers hors-norme. Et j’en suis ressorti ébloui. Maintenant, pourquoi avoir choisi ce livre pour le concours, eh bien, il se prête particulièrement à l’exercice, il me semble. Déjà, c’est plus facile et plus logique de faire un concours de fanfiction avec une fiction qui a des fans, non ? Or, avec plus de 120.000 exemplaires vendus rien qu’en poche, avec un bouche à oreille exceptionnel, avec des relais nombreux et dithyrambiques sur les blogs et l’engouement qui entoure les déplacements d’Alain, comme on l’a dit, des fans, il y en a. (Petite parenthèse personnelle : j’ai vu, un jour, dans une soirée, deux personnes qui ne se connaissaient pas, former, au bout de cinq minutes de discussion, un pack pour « contrer le vent » après s’être aperçu qu’elles venaient toutes les deux de lire et adorer La Horde… Fans ? Tu parles !) Le choix de ce roman était donc une évidence.
ActuSF : Comment est née d’ailleurs l’idée de ce concours de fanfiction autour de La Horde du Contrevent ?
Pascal Godbillon : Nous souhaitions faire quelque chose d’un peu original, pour nos quinze ans, pas un simple concours avec questionnaire, par exemple. Nous souhaitions une vraie participation des lecteurs, un « partage » avec eux. Très vite, nous avons pensé à un concours de nouvelles, mais… pour ce qui est de l’originalité, ça n’était pas tout à fait ça. Or comme nous voulions aussi que cela soit relayé sur le web et les réseaux sociaux, où notre lectorat est très présent, la fanfiction s’est imposée et, tout de suite, l’évidence donc : La Horde du Contrevent ; un univers fort, susceptible d’être partagé par de nombreux lecteurs.
ActuSF : Folio SF a depuis peu une nouvelle maquette. Comment l’avez-vous conçu ?
Pascal Godbillon : Lorsque l’idée de changer la maquette a été lancée, nous avons laissé (presque) carte blanche à Pascal Guedin, le graphiste qui s’occupe de la collection, chez Gallimard. Il y avait bien quelques idées directrices, mais pas tant que ça : passage en illustration pleine page pour laisser toute la place aux images (on avait déjà fait des essais avec la jaquette pour Les Lames du Cardinal, par exemple), abandon de la couleur « violet-métal » (et encore, rien n’était gravé dans le marbre, à ce sujet)… Pascal a longuement bossé et, au final, le projet qu’il a proposé est quasiment celui qui est désormais en librairie, à quelques détails près. Je trouve qu’il a accompli un travail remarquable. La nouvelle maquette est vraiment moderne et élégante et je n’ai eu, pour l’instant, que des retours positifs.
ActuSF : Il y a aussi désormais des intégrales. Quels titres seront réédités dans les prochains mois sous ce format ?
Pascal Godbillon : Alors, on ne peut pas vraiment parler d’« intégrales »… Nous appelons ça des Folio XL. Le format est un petit peu plus grand et nous donne une vraie liberté pour faire de très gros volumes qui n’auraient pu voir le jour autrement. Par exemple regrouper trois des plus beaux romans de Richard Matheson ou redonner à L’échiquier du mal son format original en un seul volume. Parmi les titres à venir en 2015, nous aurons Les princes d’Ambre de Zelazny, en deux tomes (cycle de Corwin et cycle de Merlin) et un projet un peu dingue (juste un peu…) : Les récits du Vieux Royaume de Jean-Philippe Jaworski. Le lecteur aura là, en un seul volume, Janua vera ET Gagner la guerre. Je pense que ce sera un bel ouvrage, un gros ouvrage ! Mais je suis aussi admiratif de Jean-Philippe Jaworski que je le suis d’Alain Damasio, alors… je ne suis pas tout à fait impartial !
ActuSF : Cela fait quelques années que tu es à la tête de Folio SF, quels ont été les temps forts pour toi de la collection ?
Pascal Godbillon : Dès 2007, la parution de La Horde du Contrevent a donc été un gros temps fort pour la collection. Par la suite, il y a eu Spin de Robert Charles Wilson, Janua vera etGagner la guerre, donc. Puis Le Déchronologue de Stéphane Beauverger. Plus récemment Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel. Et ça me permet de remarquer que, parmi ces titres, presque tous sont écrits par des auteurs francophones. Ce qui est plutôt « amusant » puisque quand je suis arrivé à la tête de la collection j’entendais beaucoup de gens me dire : « les “Français”, ça se vend pas » ou « ça manque de “Français”, chez Folio SF »… Bref, Folio SF, c’est aussi ça : tordre le cou aux idées reçues ! Hormis les titres publiés, il y a eu les dix ans de la collection, un anniversaire qui m’a permis de constater que la collection bénéficiait tout de même d’un fort capital de sympathie, dans le milieu de l’imaginaire, mais aussi à l’extérieur. Le Grand Prix de l’Imaginaire reçu par Thomas Day pour Du sel sous les paupières m’a également fait très plaisir (je ne vous ai pas encore dit que j’étais admiratif du travail de Thomas Day ? C’est fait.). Et puis, l’année dernière, la belle réception de mon projet un peu « fou » de sortir cinq titres autour du thème décalé de « Rock et SF ». J’en oublie sans doute. 
ActuSF : Quel regard portes-tu sur ces quinze ans de Folio SF ?
Pascal Godbillon : Il me semble que la collection est une des composantes importantes, voire indispensables, du paysage éditorial de l’imaginaire. Si, au démarrage, on pouvait trouver cela « normal », voire « facile », d’imposer la collection du fait de la reprise des principaux titres de Présence du futur, les succès plus récents montrent que sa force est ailleurs : cohérence et qualité de la ligne éditoriale, disponibilité du fonds, confiance accordée aux auteurs, qualité typographique et de fabrication des ouvrages proposés… Bref, j’aimais Folio SF avant d’en devenir l’éditeur ; je suis assez fier de ce qu’elle est toujours après lui avoir fait subir ce que je lui ai fait subir pendant neuf ans !
ActuSF : Est-ce que la place des collections de Poche dans le paysage éditorial a changé ces dernières années ? Garde-t’elle le même rôle avec l’arrivée notamment du numérique ?
Pascal Godbillon : Je ne crois pas que la place des collections de poche ait changé, non. Pour moi, elles permettent toujours aux lecteurs de trouver, à moindre coût, dans un format plus maniable, des ouvrages qu’ils ne souhaitaient pas (ou ne pouvaient pas) acheter en grand format. Voire à donner une nouvelle chance à des ouvrages qui avaient pu passer inaperçus auprès du public (récemment, Loar de Loïc Henry, par exemple, s’est très bien vendu dans son édition de poche et a, en plus, reçu le prix Imaginales des lycéens ou Seeker de Jack McDevitt, que nous avons déjà réimprimé deux fois.) Quant à son rôle par rapport au numérique, pour moi, là non plus, ça ne change pas radicalement la donne. Le numérique est une offre complémentaire, qui peut très bien cohabiter avec les autres formats d’édition (et qui le fait très bien d’ailleurs).
ActuSF : Enfin, que peux-tu nous dire du programme à venir de la collection ?
Pascal Godbillon : En mars, viennent de paraître Vortex de Robert Charles Wilson, le dénouement de la « trilogie Spin », Avilion, le très beau dernier roman de Robert Holdstock, les deux volumes d’Omale de Laurent Genefort, initialement parus en Lunes d’encre, chez Denoël et Les étoiles s’en balancent de Laurent Whale, qui fait son entrée au catalogue. Par la suite, autre entrée au catalogue qui me tient particulièrement à cœur, celle de Roland C. Wagner avec les magnifiques Rêves de Gloire et Le train de la réalité. Puis on poursuivra avec des habitués du catalogue : Ian McDonald (La maison des derviches), Jean-Philippe Depotte (Le chemin des dieux), Bernard Simonay (Le secret interdit), Jean-Michel Truong (Reproduction interdite) ou Serge Brussolo, avec un nouvel inédit, qui fait suite à Frontière barbare. Et encore plein de belles choses au second semestre, mais je t’en dirai plus lors de notre prochain entretien !
Découvrez le règlement du concours de fanfiction et son événement Facebook.


Source : ActuSF. Interview : Pascal Godbillon pour les 15 ans de Folio SF [en ligne]. Editions Actu SF, 2015. [Consultation 11/03/2015]. <http://actusf.com/spip/Interview-Pascal-Godbillon-pour.html?var_mode=calcul>


In memoriam 2014

Les fans de science-fiction ont toujours eu un respect et de la compréhension pour l'histoire du genre. Malheureusement, la science-fiction a atteint un tel âge que chaque année elle voit ses rangs diminuer. 
2014 a vu les décès de Neal Barrett, Jr., Mark E. Rogers, Michael Shea, Harold Ramis, Gabriel Garcia Marquez, Mary Stewart, HR Giger, Daniel Keyes, Frank M. Robinson, Kirby McCauley et Graham Joyce.
Le premier post de ce blog n'est pas des plus joyeux, mais il me semblait important de relayer cette information et de rendre hommage à toutes ces personnes...